Microsporidioses
 

 

Espèces parasitaires

Encephalitozoon intestinalis
Enterocytozoon bieneusi

Encephalitozoon hellem

Encephalitozoon cuniculi

Tachipleistophora hominis

 

Historique

 

En 1857, l'espèce Nosema bombycis fut identifiée pour la première fois par Näegli comme responsable de la pébrine du ver à soie.
Le premier cas humain fut décrit en 1927 par Tores au Brésil.
En 1985, l'espèce Enterocytozoon bieneusi fut identifiée et décrite par Desportes chez un sidéen.
En 1992, l'espèce Encephalitozoon intestinalis fut identifiée par Orenstein chez un sidéen.


Depuis la pandémie du SIDA, le nombre de cas a considérablement augmenté.

 

Définition

 

Infections opportunistes dues à des parasites à développement intra-cellulaire obligatoire qui se développent habituellement dans les entérocytes mais ils ont été retrouvés dans le tractus biliaire, les cellules hépatiques, l'arbre trachéo-bronchique et l'épithélium nasal.

 

Elles sont cosmopolites et sont surtout rencontrées chez l'immunodéprimé (VIH en particulier).


Leur présence chez plusieurs animaux suggère son caractère zoonotique.

 

 

La spore

 

La spore mesure 1 à 5 microns selon les espèces.
Elle possède un filament polaire caractéristique et présente un aspect bipolaire du fait de l'existence d'une vacuole excentrée.
Elle est dépourvue de mitochondries et de cinétides et possède un ARN ribosomal de type bactérien.

 

 Schéma d'une spore de microsporidie

 

 

Classification 

Embranchement  Protozoa
Sous-embranchement   Microspora
Classe  Microsporea
Ordre  Microsporida

 

Plus de 144 genres et 1300 espèces sont actuellement connues dont cinq ont un pouvoir pathogène pour l'homme:

Encephalitozoon intestinalis et Enterocytozoon bieneusi responsables de microsporidioses intestinales.

Encephalitozoon hellem responsable de kérato-conjonctivite.

Encephalitozoon cuniculi responsable de microsporidioses cérébrales.

Tachipleistophora hominis responsable de myosites.

 

Cycle évolutif

 

Le cycle comporte deux phases :
La mérogonie qui débute avec l'entrée du germe dans la cellule hôte et qui aboutit à la formation soit à des mérontes soit d'un plasmode mérogonial.
La sporogonie aboutit à la formation des spores.

 

L'infection de la cellule cible se fait par l'accrochage du tube polaire qui se détend comme un ressort puis le sporoplasme passe dans le filament et devient trophozoïte qui se multiplie pour former un méronte. 

Les mérozoïtes entreprennent un cycle gamétogonique pour produire un sporonte constitué de sporoblastes qui deviennent des spores infestantes libérées dans le milieu extérieur par lyse cellulaire.

 

 

Contamination

 

La spore est la forme de résistance et de dissémination.
La contamination se fait par ingestion d'eau ou d'aliments souillés par les spores, parfois par inhalation.

Les atteintes oculaires seraient dues à des traumatismes.

 

Clinique

 

Au niveau intestinal, la diarrhée est semi-liquide, non sanglante, accompagnée de douleurs abdominales, d'une fièvre et d'un amaigrissement.
Chez les sujet immunocompétents, les troubles sont spontanément résolutifs en 2 à 6 semaines pour Enterocytozoon bieneusi, habituellement plus traînants pour Encephalitozoon intestinalis.
Chez les sujet immunodéficitaires, le parasite peut s'étendre aux voies biliaires, aux sinus, aux poumons et à l'appareil urinaire.
L'atteinte oculaire se traduit par une kérato-conjonctivite.

 

Des cas de portage asymptomatique et chez des personnes immunocompétentes ont été rapportés.

 

Diagnostic

 

Le diagnostic de certitude repose sur la mise en évidence des spores dans les selles.

Selon la localisation de l'infection, les urines, la bile, les sécrétions nasales, le lavage bronchoalvéolaire et le grattage cornéen sont utilisés pour la recherche des spores.


Des techniques spécifiques sont indispensables:
Coloration d'orientation à l'UVITEX 2B qui rend la chitine fluorescente aux rayons ultra violets.
La confirmation par la coloration trichromique de Weber modifiée.

 

 

 

Spores d'Enterocytozoon bieneusi colorées par la technique de Weber. 

Photo: CHU Dijon.

 

Mais la technique la plus sûre reste l'examen en microscopie électronique et la PCR qui permet la différenciation d'espèce utile pour orienter la thérapeutique.

 

Traitement

 

Seul l'albendazole est efficace sur Encephalitozoon intestinalis à la posologie quotidienne de 400 mg par jour pendant au moins 4 semaines chez l'immunodéprimé.

 

Prophylaxie

 

Éducation sanitaire
Informer sur les dangers du péril fécal et enseigner les règles essentielles de l'hygiène en soulignant le danger des mains sales.

 

Assainissement du milieu
Aménagement de latrines.
L'interdiction ou la réglementation de l'usage de l'engrais humain en agriculture.
Neutralisation des excréments humains par l'eau de Javel ou la chaux.
 

Hygiène alimentaire
Se laver les mains, avant les repas et toute manipulation d'aliments, et après passage aux toilettes.
Laver soigneusement les légumes et les fruits consommés crus avec une eau propre.