Échinococcose
 

 

 

Le terme d'échinococcose désigne un ensemble d'infections engendrées par des larves de cestodes appartenant au genre Echinococcus.

 

Classification

Embranchement  Plathelminthes
Classe  Cestodes
Ordre  Cyclophyllidés
Famille Tæniidae
Genre Echinococcus

 

On distingue:

 

 Le kyste hydatique 

&  

L'échinococcose alvéolaire

 

 Le kyste hydatique

Synonymes: Échinococcose hydatique, hydatidose uniloculaire

Espèce parasitaire

Echinococcus granulosus

 

Historique

 

La maladie, connue depuis l'antiquité, a été évoquée par Hippocrate.

En 1852, le tænia échinocoque adulte a été découvert dans l'intestin du chien par Von Siebold.

En 1925, le cycle fût élucidé définitivement par Dew.

 

Définition

 

Infestation de l'homme due à la larve hydatique du ténia échinocoque du chien: Echinococcus granulosus.

 

Il s'agit d'une zoonose endémique surtout dans les pays d'élevage du mouton (pourtour méditerranéen, Amérique, Nouvelle-Zélande et Australie).
Elle concerne surtout les enfants en contact étroit avec les chiens et les professions exposées (bergers, bouchers).

 

Echinococcus granulosus adulte

 

Le corps mesure 3 à 6 mm et composé de 3 à 4 segments dont le dernier contient un utérus rempli d'embryophores.
Chaque embryophore renferme un embryon hexacanthe ou oncosphère.
Le scolex est muni d'un rostre armé d'une double couronne de crochets et de quatre ventouses.

 

Echinococcus granulosus adulte

Photo: Parasitologie. Faculté de Médecine Necker. Paris.

 

 

Le kyste hydatique est constitué de :
L'adventice qui est le résultat de la réaction fibreuse périkystique.
Et de l'hydatide qui est une vésicule remplie de liquide hydatique clair et limpide et constituée d'une cuticule anhiste et d'une membrane proligère d'où bourgeonnent des capsules proligères qui donnent naissance à des scolex formant ainsi le sable hydatique.

 

Schéma d'un kyste hydatique

 

Les vésicules filles sont de deux types :
Endogènes résultant de l'évolution vésiculaire des scolex. Elles restent contenues dans le kyste initial.
Exogènes évoluant vers l'extérieur après qu'une partie de la membrane proligère ait fait hernie hors de la cuticule.

 

Larve hydatique avec des vésicules filles.

Photo: Parasitologie-Mycologie. 

Hôpital Cochin. Paris.

 

Larve hydatique ouverte.

Sable hydatique avec des protoscolex.

Photo: Parasitologie-Mycologie. 

CHU Nimes. Paris.

A. Delage.

Photo: Parasitologie. Faculté de Médecine Necker. Paris.

 

Contamination

 

La contamination de l'homme se fait par ingestion d'eau ou d'aliments souillés par des embryophores ou suite à des caresses du pelage d'un chien infecté.

 

Embryophore d'Echinococcus granulosus.

 

Les embryophores peuvent résister plusieurs mois dans le milieu extérieur.

 

Cycle biologique

 

Le cycle est indirect et fait intervenir les canidés (loup, chacal, coyote, renard, dingo et surtout le chien) comme hôtes définitifs, et les herbivores (moutons, bovins, porcs, chèvres, chevaux, camélidés) comme hôtes intermédiaires.

Accidentellement, l'homme peut être hôte intermédiaire et constituer une impasse parasitaire pour le parasite.

 

 

Le tænia adulte vit dans l'intestin grêle du chien qui va rejeter avec ses déjections les œufs ou embryophores qui vont souiller l'environnement.
Ingérés avec l'eau ou les aliments, ils libèrent des embryons hexacanthes qui traversent la paroi intestinale pour gagner le foie ou, plus rarement, les poumons ou d'autres organes (cœur, cerveau, os, rate, rein, muscle, …).
Ils se transforment en un ou plusieurs kystes hydatiques ou larves vésiculaires qui contiennent du liquide hydatique, des vésicules endogènes et des scolex.

 

La contamination des canidés se fait par ingestion des hydatides contenus dans les viscères hydatifères des herbivores.

 

Le mouton (ou un autre herbivore), se contamine en broutant l'herbe souillée.

 

 

Clinique

 

L'incubation est variable et peut atteindre plusieurs années. Elle est souvent asymptomatique en raison de la lenteur de croissance du kyste.
Le kyste hydatique peut se développer dans pratiquement tous les organes.

 

Au niveau du foie (60 à 80 % des cas), le kyste hydatique est responsable d'une hépatomégalie indolore. Il peut comprimer les voies biliaires causant un ictère, et sa fissuration dans les voies biliaires peut entraîner un abcès hépatique.
Sa rupture dans le péritoine provoque un choc anaphylactique et une échinococcose secondaire par libération des vésicules filles endogènes.

 

Au niveau du poumon (20 à 30 % des cas), le kyste hydatique est souvent latent.
Il est tantôt secondaire à un kyste hydatique du foie, tantôt primitif lorsque l'embryon a forcé le barrage hépatique.
Il peut se rompre tardivement dans les bronches et provoquer une vomique faite d'un liquide clair, ou se fissurer et engendrer des hémoptysies abondantes (crachats contenant du sang).

 

Au niveau des os, l'hydatidose se comporte comme un cancer lytique de l'os car il n'y a pas de réaction fibreuse limitante.

 

A partir du cœur, l'embryon peut être véhiculé par le sang à n'importe quel organe (rein, rate, système nerveux…).

 

La rupture du kyste dans un gros vaisseau engendre une échinococcose secondaire généralisée qui peut être fatale.

 

Kyste hydatique

Photo: Parasitologie-Mycologie. CHU Angers.

 

Diagnostic

 

Le diagnostic du kyste hydatique se fait par des examens radiologiques.

Les tests sérologiques par réaction de fixation du complément, par IFI ou par ELISA permettent de confirmer le diagnostic de la majorité des hydatidoses hépatiques. Cependant, ils sont moins fiables dans les autres localisations ou avec des kystes calcifiés ou surinfectés.
L'hyperéosinophilie et la présence des cristaux de Charcot-Leyden dans les selles sont des arguments en faveur d'une infection par le tænia échinocoque du chien.

 

Important
La ponction du kyste est formellement contre-indiquée car le risque de dissémination et de réaction allergique mortelle est très important.

 

Traitement

 

En général, le traitement est chirurgical après stérilisation du contenu du kyste. 

La stérilisation s'effectue par injection d'eau oxygénée dans le kyste ou une solution hypertonique à 20%, avant de l'ouvrir pour tuer les éléments parasitaires.

Des précautions sont à prendre lors de l'exérèse afin d'éviter l'essaimage.
Le traitement est médicamenteux par l'albendazole ou le mébendazole en complément de la chirurgie ou dans les cas inopérables.
Le suivi thérapeutique pendant plusieurs années est conseillé à cause du risque de récidives.

 

Médicaments Principes actifs
ZENTEL® Albendazole 
AZOLE®
VERMOX® 500 Mébendazole 

 

Prophylaxie

 

Éducation sanitaire des populations à risque en les informant sur les dangers de la maladie et sur le mode de contamination.
Éviter la promiscuité avec les chiens sinon se laver les mains après les avoir caresser.
Laver soigneusement les légumes et les fruits consommés crus avec une eau propre.
Exclure les chiens des abattoirs.
Incinération des viscères hydatifères en évitant de les donner aux chiens.
Administrer régulièrement aux chiens domestiques un ténifuge.

Éliminer les chien errants.

 

 L'échinococcose alvéolaire

Synonymes: Hydatidose alvéolaire, hydatidose multiloculaire

Espèce parasitaire

Echinococcus multilocularis

 

Définition

 

Cestodose larvaire due au tænia du renard Echinococcus multilocularis (Echinococcus alveolaris) dont la larve parasite les petits rongeurs et accidentellement l'homme et entraîne des échinococcoses multiloculaires.


Il s'agit d'une zoonose endémique dans l'hémisphère nord qui atteint certaines professions à risque notamment les chasseurs et les trappeurs.

 

Répartition géographique

 

 

L'adulte est voisin d'Echinococcus granulosus.
Le corps mesure 1 à 4 mm et composé de 3 à 5 segments.

 

La contamination se fait par ingestion d'eau ou d'aliments souillés par les déjections du renard contenant les œufs du parasite. 

 

Le cycle évolutif est comparable à celui d'Echinococcus granulosus sauf que l'hôte définitif est le renard (parfois le loup, le coyote, le chien et le chat) et les hôtes intermédiaires incluent les campagnols, les gerbilles, les musaraignes, les souris et accidentellement l'homme.
Les larves traversent la muqueuse intestinale, atteignent le foie et s'y développent en plusieurs alvéoles.

 

Clinique

L'incubation varie de plusieurs mois à plusieurs années.
Au niveau du foie, l'hydatidose alvéolaire se traduit par une hépatomégalie douloureuse pseudo-tumorale et d'un ictère. Parfois, des métastases pulmonaires et cérébrales apparaissent.

 

Le diagnostic, orienté par l'hyperéosinophilie sanguine, se fait par échographie et par tomodensitométrie hépatiques, ou par les tests sérologiques (ELISA, immunoblot).

 

Il n'existe aucun traitement médical d'efficacité démontrée.
Le seul traitement reste chirurgical et le développement des greffes de foie a considérablement amélioré le pronostic de cette affection.

 

La prophylaxie repose sur l'éducation sanitaire des populations à risque et sur la vermifugation des renards et des chiens dans les zones à risque.
La consommation des fruits sauvages crus dans les régions endémiques est à éviter.

Se laver les mains avant les repas.