Autres parasitoses
 

 

 

Les pentastomoses

La syngamose

Capillariose à Capillaria hepatica

Œsophagostomose

Thélaziose conjonctivo-palpébrale

Les trichostrongyloses

Les acanthocéphales

Gongylonémose

Ternidens deminutus

Trichobilharzia ocellata

 

Les pentastomoses

 

Ce sont des vers cylindriques qui occupent une position intermédiaire entre les annélides et les arthropodes.
On distingue : les linguatules et les porocéphales.

 

 

La linguatulose

 

C'est une infection parasitaire engendrée par l'espèce Linguatula serrata qui se rencontre surtout en Europe centrale, en Orient, en Afrique du Nord et au Brésil.
Les adultes mesurent 1 à 2 cm et vivent dans les fosses nasales du chien, du renard, ou du loup.
Les œufs embryonnés sont éliminés dans le mucus nasal de ces canidés. Elles souillent l'herbe puis sont ingérés par un herbivore où ils éclosent rapidement dans le tube digestif. Les larves gagnent le foie, les poumons où elles s'enkystent. Lorsqu'un carnivore dévore un herbivore infesté, les larves se transforment en nymphes puis en adultes.


On distingue :
La linguatulose larvaire humaine 

Elle résulte de l'ingestion d'œufs de Linguatula serrata avec des végétaux souillés ou au contact de chiens parasités. Les larves enkystées en impasse dans le foie, les ganglions mésentériques, les poumons, sont habituellement bien tolérées.


La linguatulose nymphale humaine ou halzoun 

Elle se rencontre surtout au Proche-Orient et en Afrique du Nord.
Elle est due à l'ingestion de larves de Linguatula serrata avec du foie ou des ganglions crus de chèvre ou de mouton. Les larves se transforment dans l'estomac en nymphes qui remontent pour se fixer dans le nasopharynx et provoquer des picotements pharyngés, une dysphagie, une dysphonie, parfois une dyspnée et des épistaxis.


Le diagnostic se fait par l'examen ORL.
Le pronostic est en règle bénin.
On peut accélérer la guérison par des gargarismes alcoolisés, des anesthésiques locaux et l'extraction instrumentale des parasites.

 

 

La porocéphalose

 

Il s'agit d'une impasse parasitaire tropicale liée à l'accumulation dans les tissus de nymphes de porocéphales.
Ce sont des vers cylindriques de plusieurs centimètres de long qui vivent à l'état adulte dans le sac pulmonaire de gros serpents tel que le python.
Trois espèces peuvent se rencontrer accidentellement chez l'homme:
Armillifer armilattus, Armillifer grandis en Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo Démocratique, Côte d'Ivoire, Gabon, Congo, Mali, Nigeria et Zimbabwe)
et Armillifer moniliformis en Asie (Chine, Malaisie, Sud-est asiatique).

 

La femelle pond des œufs embryonnés qui sont rejetés à l'extérieur avec les sécrétions bronchiques ou les excréments des serpents.
L'homme s'infeste en ingérant les œufs souillant le sol ou en consommant la chair mal cuite ou crue des serpents. Ils donnent des larves qui gagnent différents organes pour se transformer en nymphes.
L'infestation se produit surtout chez les chasseurs de serpents et parmi les groupes humains qui consomment habituellement ces reptiles.

 

Clinique
Les nymphes se localisent surtout dans le péritoine et le mésentère, dans les poumons, les muscles et très exceptionnellement dans l'œil ou le cerveau. Elles meurent sur place et se calcifient.
La migration larvaire et l'enkystement sont généralement asymptomatiques. Elles s'accompagnent d'une hyperéosinophilie.
On peut observer des douleurs abdominales diffuses de type de brûlure ou de picotement, des douleurs migratrices accompagnées d'anorexie et de nausée.
Les nymphes peuvent se localiser sous la conjonctive oculaire et entraîner une compression mécanique ou au niveau des voies biliaires extra-hépatiques.

L'infestation massive, exceptionnelle, aboutit à la mort.

Le diagnostic est radiologique sur des clichés du thorax ou de l'abdomen.
Les parasites calcifiés se présentent comme des opacités en croissant, en anneau brisé, de 1 à 2 cm de diamètre. Les nymphes peuvent être confondues avec des nodules cancéreux.

La prophylaxie consiste à éviter de consommer la chair mal cuite ou crue des reptiles.

 

La syngamose

 

La syngamose est une parasitose connue surtout en médecine vétérinaire.
Mammomonogamus laryngeus et Mammomonogamus nasicola sont des nématodes qui parasitent normalement les voies respiratoires des ruminants en zone tropicale.

Les cas humains sont rares. Le parasite, rapporté en Amérique centrale et aux Antilles, peut parfois se retrouver chez l'homme au niveau du tractus respiratoire.
L'affection se traduit par une toux quinteuse, rebelle, à prédominance nocturne, non productive, une dyspnée asthmatiforme, des brûlures pharyngo-laryngées.
La guérison spontanée habituelle se fait par expulsion du ver au bout de quelques mois.

 

La contamination pourrait être liée à la consommation de végétaux souillés par des déjections des ruminants ou des chats.

 

Le diagnostic se fait par bronchoscopie qui révèle la présence d'un ver rougeâtre de quelques millimètres, mobile, accroché à la muqueuse respiratoire.
L'hyperéosinophilie sanguine est manifeste.
L'examen parasitologique de l'expectoration met en évidence les œufs.

 

Mammomonogamus sp

Photo: Parasitologie-Mycologie. Faculté de Médecine Necker. Paris. J.F. Pays.

 

Le traitement par le thiabendazole (Mintézol) semble efficace.

 

Capillariose à Capillaria hepatica

 

Parasitose humaine signalée au Panama, aux États-Unis, en Russie et en Inde et qui est engendrée par un petit nématode de 2 à 3 cm : Capillaria hepatica, parasite du rat et accessoirement d'autres mammifères (chien, chat, porc, sanglier, pécari, primate).

Le vers adulte vit dans le foie où il pond des œufs. Lorsque l'animal parasité meurt, la décomposition de son cadavre libère les œufs dans la nature.
Ingérés par un hôte, ils vont libérer des larves qui traversent la paroi intestinale pour atteindre le foie par voie portale où elles vont devenir adultes.
La transmission se ferait également par ingestion de foie parasité.

Certaines formes sont asymptomatiques. D'autres se traduisent par une dyspnée asthmatiforme, une fièvre, une altération de l'état général et une hépatomégalie.
Le parasite peut provoquer une hépatite à éosinophiles.
Le pronostic est réservé : le foie est progressivement détruit par les abcès et la fibrose.
Le traitement par le tiabendazole albendazole, mébendazole semble efficace.

 

Œuf de Capillaria hepatica

Photo: Parasitologie-Mycologie. CHU Poitier.

 

L'œuf  mesure 70 x 30 microns.

 

Œsophagostomose

 

Infection parasitaire engendrée par les œsophagostomes : petits nématodes du singe du genre Oesophagostomum.
Ils restent le plus souvent à l'état larvaire chez l'homme et se fixent sur la paroi colique et l'ulcèrent provoquant des hémorragies intestinales et des péritonites.
Ils sont rencontrés dans les régions forestières d'Afrique, d'Amérique du Sud et du Sud-est asiatique.
La contamination se fait par ingestion de végétaux souillés par les excréments de singes.
Les œufs mesurent 60/40 microns.

 

Thélaziose conjonctivo-palpébrale

 

Les conjonctivites thélaziennes animales sont répandues dans les pays chauds.
Thelazia callipoeda parasite le chien en Asie
Thelazia californiensis parasite divers animaux domestiques (bovins, chiens, chats), en Amérique.
La transmission est assurée par des mouches.
L'affection humaine n'est pas exceptionnelle. Elle débute comme une banale conjonctivite, mais elle traîne et peut se compliquer de kératite.
La découverte des vers dans les culs-de-sac conjonctivaux permet le diagnostic.
Leur extraction, associée à des antiseptiques locaux, assure la guérison.

 

Les trichostrongyloses

 

Infections parasitaires dues aux nématodes Trichostrongylus colubriformis et Trichostrongylus orientalis qui vivent normalement dans le tube digestif des ruminants.
La maladie est accidentelle et rare chez l'homme et s'observe surtout en Égypte, au Moyen-Orient, en Asie méridionale, plus rarement en Afrique noire et en Amérique latine.
Les signes cliniques sont des douleurs abdominales, des nausées, une anémie modérée.
La contamination se fait par ingestion de végétaux souillés par des excréments d'origine animale.
Les œufs mesurent 80 à 100/40 microns.

 

Les acanthocéphales

 

Les acanthocéphales sont exceptionnels chez l'Homme.
Moniliformis moniliformis est une espèce fréquente chez le rat
Macracanthorhynchus hirudinaceus est fréquente chez le porc et le sanglier.
Ils sont signalés en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.
La contamination se fait par ingestion de vers de farine parasités par les larves.
Les symptômes sont des douleurs abdominales, des nausées, une diarrhée et de la fièvre.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence des œufs dans les selles.

 

Gongylonémose

 

Infection parasitaire due à Gongylonema pulchrum est un parasite cosmopolite de l'œsophage des ruminants et des porcs.

Les larves évoluent chez un insecte coprophage et peuvent se réenkyster chez divers mammifères ou oiseaux.
L'homme se contamine en consommant la chair de ces vertébrés ou en écrasant l'insecte hôte intermédiaire.

Les larves pénètrent sous la muqueuse des lèvres, de la langue et des joues, y cheminent et engendrent une éruption papuleuse ou serpigineuse.
Le produit de raclage des lésions contient alors des œufs de gongylonèmes.

 

Ternidens deminutus

 

Nématode d'origine simienne est assez souvent rencontré chez l'homme en Afrique de l'Est.
La contamination se fait par ingestion de végétaux souillés par les excréments de singes.
Les œufs mesurent 85 x 50 microns.

 

Trichobilharzia ocellata

 

Dermatite due à la pénétration cutanée de furcocercaires du schistosomes du canard Trichobilharzia ocellata.
L'homme se contamine en prenant un bain dans une mare, un lac ou un cours d'eau où barbotent les canard et où pullulent les mollusques hôtes intermédiaires.
Quelques minutes après le bain infestant, apparaît une éruption maculopapuleuse ou un placard urticarien très prurigineux pouvant persister plusieurs semaines.
Les pommades antihistaminiques ou corticoïdes calment le prurit.
Aucun anthelminthique ne donne de bons résultats.